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My Texas

My Texas

Journaliste française au Texas depuis septembre 2011, je partage ici mes réflexions sur ce grand Etat, ainsi que mes revues de presse et de web via mes comptes Facebook et Twitter – Cécile Fandos

50 ans de l'assassinat de JFK, on y est !

Et voilà, l'échéance tant attendue est arrivée. Comme en témoigne le petit diaporama ci-dessus, les préparatifs allaient bon train à Dallas à la veille du cinquantième anniversaire de l'assassinat de JFK.

Il sera commémoré ce vendredi à peu près selon le programme que j'avais annoncé ici il y a un mois.

Seuls ajouts ces dernières semaines :

- La JFK presidential library and museum a annoncé un webcast musical à l'heure de la mort de JFK (19h30 heure française), l'ouverture d'une exposition d'objets liés aux funérailles du 35e président des Etats-Unis ce vendredi 22 novembre à Boston ainsi que des projections de films ce week-end.

- Par ailleurs, au-delà du site JFK50.org dont je vous parlais il y a un mois, l'hommage en ligne s'est enrichi du portail AnIdeaLivesOn.org (j'avoue que je ne comprends pas très bien comment les deux sont censés s'articuler, peut-être qu'ils ne sont pas prévus pour s'articuler en fait...)

- Toujours en ligne, la cérémonie de ce vendredi à Dallas va être retransmise en direct pas seulement sur des écrans géants en ville, mais aussi sur le site internet du comité d'organisation

- Quant au principal rassemblement de "conspirationnistes" n'ayant pas décroché leur ticket pour Dealey plaza, il aura lieu non pas en décalé comme envisagé un moment, mais à l'angle de Main et Market street, à deux pas du lieu de l'assassinat.

- Un autre a lieu à l'hôtel Adolphus de Commerce street

Entre temps, j'ai eu le plaisir de me rendre par deux fois à Dallas.

La première, c'était avec l'agence France USA Media, qui a réalisé des dossiers pour :

- la nouvelle Edition du soir de Ouest-France (sur Apple pour le moment),

- Le Télégramme,

- Metro

- Nice-Matin

- l'hebdomadaire belge Le Vif

- et même la Folha de Sao Paolo en portuguais !

J'étais très heureuse, dans ce cadre, d'avoir l'opportunité de traiter pour Metro la façon dont l'assassinat a impacté Dallas et comment la ville commence à faire son devoir de mémoire.

Moi qui ne m'était pas tellement penchée sur cet anniversaire avant que France USA Media ne me demande de compléter leur dispositif, cela m'a motivée à retourner à Dallas pour assister au symposium Understanding Tragedy: The Impact of the JFK Assassination on Dallas il y a trois semaines.

50 ans de l'assassinat de JFK, on y est !

Là, des figures de Dallas ont d'abord témoigné du choc de l'assassinat. Un ancien reporter du Dallas Morning News, Jim Lehrer, a raconté comment il avait appelé sa femme pour lui proposer de "quitter la ville dès que tout serait fini" après avoir appris la nouvelle. Tandis que le révérend et ancien militant des droits civiques Zan Holmes a raconté comment le buffet qui attendait JFK et ses hôtes au Trade Mart où se rendait le président est resté intouché.

"L'immense majorité de la population pensait qu'une conspiration d'extrême droite était derrière l'assassinat", a rappelé Jim Lehrer, qui n'y allait pas de main morte envers son ancien employeur, reconnu par différents participants au colloque comme l'expression des idées les plus radicales circulant dans les milieux conservateurs américains de l'époque, mais paradoxalement Dallas Morning News à l'origine de l'évènement avec le Dallas Institute of Humanities and Culture, la station locale de la National Public Radio (Kera), le Sixth floor museum sur l'assassinat et deux organismes spécialisés en journalisme.

Alors quand la police a arrêté Lee Harvey Oswald, Dallas plus que le reste des Etats-Unis et du monde a été surpris. "Un marxiste à Dallas ?! Nous étions stupéfaits", a raconté l'auteur originaire de la ville Lawrence Wright.

Mais cette nouvelle surprenante n'était guère rassurante dans un contexte de guerre froide. C'était "un leader du monde libre qui était tué".

50 ans de l'assassinat de JFK, on y est !

Il s'en est suivi un intéressant débat lancé par le chroniqueur Mexicain-Américain Richard Gonzalez soulignant la capacité des Etats-Unis à faire abstraction de ce qui est douloureux mais aussi la nécessité du travail de mémoire, qui est "la seule façon de donner sens à la tragédie". "Nous devons nous approprier notre part d'ombre, car c'est de là que vient la vie", a renchéri l'ancienne présidente du Dallas Institute Gail Thomas. "et si nous ne tirons pas de leçons de nos erreurs, nous devrons redoubler a prévenu Zan Holmes qui "ne croit pas que Dieu veuille gaspiller quoi que ce soit, bon ou mauvais, qui nous arrive".

Ce que je retiens de la discussion organisée autour de Lawrence Wright sur le créneau du déjeuner, c'est surtout l'idée provocante que l'assassinat a peut-être été salutaire pour Dallas.

Certes, contrairement à d'autres villes ayant assassiné des présidents américains ou des personnalités des années 1960 (MLK à Memphis ou Robert Kennedy à Los Angeles), Dallas a été stigmatisée comme "la ville qui a tué le président" (et internationalement, "la ville qui a tué Kennedy"). Et personne n'a contesté, le 2 novembre dernier, que Dallas était le siège de l'extrême droite américaine au début des années soixante, même si, pour les auteurs de l'ouvrage Dallas 1963 paru peu avant ce cinquantième anniversaire, l'accueil réservé au représentant des Etats-Unis auprès de l'Onu Adlai Stevenson le mois précédant l'assassinat de Kennedy a poussé un certain nombre de Dallasites à mettre de l'eau dans leur vin.

Mais pour Wright, Dallas est devenue après l'assassinat "une ville intéressante, plus vigoureuse, plus diverse". "Nous avions besoin d’humilité pour corriger notre itinéraire", a estimé l'auteur.

50 ans de l'assassinat de JFK, on y est !

De la table ronde de journalistes à laquelle j'ai ensuite assisté, il n'est pas ressorti grand-chose, si ce n'est qu'on pouvait dresser des parallèles entre Obama et Kennedy et donc s'inquiéter que les dérives de l'époque, ayant mené à des prises de risque aux conséquences dramatiques comme la divulgation de l'itinéraire du cortège présidentiel plusieurs jours à l'avance ou le transfert de Lee Harvey Oswald en présence de dizaines de reporters parmi lesquels s'est glissé l'assassin de l'assassin, n'ont pas été rectifiées. Au contraire, bien que certains médias comme le Dallas Morning News d'aujourd'hui parviennent à faire du travail de fond, on peut se demander si l'accélération du rythme de l'info n'accentue pas les problématiques qui faisaient surface dans les années 1960...

Voilà. Il y a eu de nombreuses initiatives éditoriales intéressantes de la part des médias francophones à l'occasion de cet anniversaire. Mais cela consiste souvent à célébrer la dynastie Kennedy, présenter une ou diverses théories de l'assassinat, évaluer la portée de la courte présidence Kennedy ou faire état des dernières parutions sur le sujet.

Outre ceux de France USA Media, les sujets sortant un peu de l'ordinaire sur lesquels je suis tombée pour le moment sont ceux publiés par Le Monde, Le Figaro et France Info.

Il n'y a pas de secret : ce sont ceux comprenant le plus de reportage...

Alors je me dis qu'avec mon papier pour Metro et mes articles parus dans French Morning en national et en édition Texas, je tiens la comparaison.

Je vais tâcher de garder ce niveau d'exigence le jour J !

50 ans de l'assassinat de JFK, on y est !

Dallas, elle, a tellement changé au cours des cinquante dernières années, que la ville peut difficilement être ramenée à ce qu'elle était au début des années 1960. "Mais la région de Dallas est toujours très conservatrice", prévient le co-auteur de Dallas 1963 spécialiste du sud-est des Etats-Unis que j'ai interviewé pour Metro.

"Quand Barack Obama est venu à Dallas au début de sa présidence, il a été accueilli par les même pancartes qui avaient été agitées devant les Kennedy -on l'a dénoncé comme socialiste, comme traître. La différence aujourd'hui, c'est que le virus de la haine parti de Dallas s'est maintenant étendu à l'ensemble du pays", poursuit Steve Davis, pour qui "la tragédie de Dallas, c'est l'extrême droite décrivant Kennedy comme un ennemi de l'Etat" car "lorsqu'on définit un opposant politique comme un ennemi de l'Etat, on ne s'inscrit plus dans le cadre de la démocratrie". Et cette "tragédie de Dallas semble maintenant une passion nationale, à mon grand regret".

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blog 03/04/2014 13:31

Une fin tragique et les dessous de l'affaire le sont encore plus quand on connaît son penchant pour les jolies actrices...

Cécile Fandos 23/11/2013 01:46

RTL aussi a fait un sujet sympa, avec un son du conservateur du musée d'art de Dallas, dont je suis devenue totalement fan après l'avoir interviewé pour French Morning ! http://www.rtl.fr/actualites/info/international/article/assassinat-de-kennedy-dallas-ne-s-en-est-jamais-vraiment-remise-7767127708