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My Texas

My Texas

Journaliste française au Texas depuis septembre 2011, je partage ici mes réflexions sur ce grand Etat, ainsi que mes revues de presse et de web via mes comptes Facebook et Twitter – Cécile Fandos

Quand Dallas la maudite sera-t-elle vraiment guérie d'Ebola ?

A part ça (l'élection de Greg Abbott comme gouverneur du Texas et mon introspection dans le camp démocrate), la surveillance de résidents du Texas ayant été en contact avec des malades d'Ebola a pris fin hier. Toutes les personnes qui auraient encore pu être contaminées après l'infection de deux infirmières par un patient arrivé du Libéria au Texas Presbytarian Hospital de Dallas, le mois dernier, ont dépassé le délai d'incubation de la maladie sans tomber malades et la ville est officiellement guérie.

Sauf qu'encore une fois, comme après l'assassinat de JFK en 63, Dallas a, pendant cette crise, été pointée du doigt comme la source du mal, la fautive. Le Presbytarian n'avait pas le protocole adéquat. Les Texans ont pêché par impréparation...

Je me suis ici efforcée de garder la tête froide, en soulignant que l'hôpital n'avait pas vraiment reconnu l'erreur de diagnostic que lui imputaient les médias, et qu'au moment où l'on a appris la contamination de la première infirmière, les questions qu'on se posait sur la transmission du virus étaient encore sans réponse.

L'agence fédérale chargée de prévenir les problèmes de santé (les Centers for Disease Control ou CDC) ont, entre temps, fini par faire leur mea culpa et reconnaître que les prescriptions fédérales pour gérer le risque Ebola étaient inadaptées, prouvant que le problème était loin d'être propre au Texas.

Mais les nouvelles directives ont été annoncées trois semaines après le diagnostic du patient Libérien, qui était déjà devenu le premier mort d'Ebola sur le sol américain à cette date.

Et pour Dallas aussi, le mal était déjà fait.

J'avais en tête un billet intitulé "J'ai mal à Dallas" que je n'ai pas pris le temps d'écrire quand j'ai lu l'article ci-dessous du correspondant au Texas du New York Times, et cela m'a fait encore plus de peine pour cette belle ville.

Dans ce papier, Manny Fernandez décrit en effet Dallas comme une ville où "le réel et l'imaginaire, le visible et l'invisible entrent souvent en collision" et qui "a parfois l'impression d'être maudite, hantée par un fantôme dont certains craignent qu'il se tapit dans leur école ou leur quartier, mais que d'autres ignorent ou qualifient de paranoïa" (comme quoi les buzz médiatiques peuvent au moins avoir le mérite de laisser les journalistes libres d'exprimer leur fibre poétique !).

Je crains effectivement que la transmission du virus Ebola sur le sol texan ne continue de hanter Dallas pendant longtemps. Heureusement, Dallas ne manque pas d'atouts pour lutter contre les clichés. Mais être stigmatisée constitue un handicap et je n'ai pas vu beaucoup d'efforts à l'échelle nationale ou internationale pour redorer le blason de Dallas...

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